Le journaliste web

Antoine Menusier, Bondy Blog

Au Bondy Blog, il n’y a pas parmi les blogueurs de journalistes à proprement parler. Nous sommes deux encadrants journalistes professionnels pour une équipe d’une quinzaine de blogueurs. Ce que nous attendons d’eux, c’est de la rigueur dans l’information qu’ils rapportent (vérifier les faits, sourcer l’info, etc.). Cela dit, nous leur laissons une grande liberté de style et de ton. La question pourrait être inversée: les blogueurs sont-ils bien formés au journalisme? Cela me semble plus important. Ce qui compte, c’est la qualité de l’article, produit sur le web ou sur un support papier.

La maîtrise technologique et temporelle du web (outils et réactivité) est en revanche une donnée essentielle du journalisme web. Et là, une adaptation pratique et « culturelle » est nécessaire pour les journalistes qui viennent de la presse papier. Comment améliorer leur formation? Peut-être cela existe-t-il déjà, mais ce qui serait bien c’est que les écoles de journalisme forment aux outils informatiques du web, qui a son langage. Des cours de formation continue devraient être instaurés.

A quoi devra ressembler le journaliste web de demain ? Le web est aujourd’hui considéré comme un espace de liberté. Les journalistes qui disent s’autocensurer dans leur rédaction papier trouvent sur le web un terrain où ils peuvent « se lâcher ». Le journaliste web de demain devra respecter les règles déontologiques de la presse tout en conservant l’acquis du web: la liberté d’expression.

Quelles devront être ses compétences ? Outre la maîtrise de l’outil informatique, les mêmes que celles qu’on exige d’un journaliste « traditionnel ».

Emery Doligé

Le 20h de TF1 tourne toujours autour de 30%. Les informations délivrées par les radios sont les plus écoutées et l’ensemble de la presse papier devrait avoir 7% de croissance d’ici à 2012. Les journalistes d’hier savaient écrire, créer de l’information. Mais la société consomme aujourd’hui de la « fast-info ». Pour s’en convaincre il suffit de voir que des hebdomadaires sont devenus des quotidiens sur le net et que les flux rss sont là pour activer la proximité de l’information. Les journalistes sont contestés par des blogueurs plus rapides, plus au fait des technologies et capables non seulement de manier les mots mais aussi l’image et le son.

Des évolutions majeures sont en marche. Un exemple révélateur : le journaliste sorti d’école trouvait insultant d’être dans une rédaction web il y a encore 5 ans, aujourd’hui, il sait que c’est là qu’il va davantage être lu. Être visible. Cette proximité, en plus d’être au fait de toutes les technologies pour émettre de l’information, obligera le journaliste de demain à se former à l’animation d’une communauté de lecteurs.

Narvic

Les journalistes français « en exercice », pour ce qu’en j’en vois, sont très mal formés ne serait-ce qu’à l’usage d’internet, aussi bien comme outil d’information personnelle et de recherche d’information à usage professionnel, que comme outil de communication, a fortiori comme outil de publication… Il me semble que les choses s’arrangent nettement avec les plus jeunes générations, au moins pour ce qui est de la connaissance des outils et de leur usage…

Il se pose un réel problème de formation continue aux bases d’internet pour les journalistes en poste. Quelle que soit leur fonction, un effort de formation important me semble nécessaire, dans toutes les rédactions. Tant au niveau de la formation initiale que de la formation continue, il me semble aussi que l’on manque cruellement de journalistes disposant d’une compétence informatique poussée. Des ressources d’information considérables « gisent », par exemple, dans les bases de données disponibles en ligne, mais on manque de journalistes- techniciens sachant les extraire. Des journalistes-développeurs devraient également être en mesure de participer à l’élaboration technique des projets complexes. Outre ce journaliste-technicien développeur, de nouveaux profils de journalistes en ligne se dessinent : journaliste-documentaliste- référenceur (rompu aux technique d’indexation et de référencement), journaliste-animateur de communautés en ligne (prenant en charge la modération des espaces communautaires, mais aussi l’animation de la conversation en ligne, la recherche – mise en valeur – édition des contenus générés par l’utilisateur/UGC). Pour tous les journalistes web, le socle minimum de compétences commun se modifie par rapport à celui des journalistes traditionnels : la maîtrise poussée des outils de recherche d’information et de veille en ligne, la maîtrise minimum et polyvalente de l’écriture web  (hypertexte, référencement) et des outils multimédia (son et vidéo), des capacités d’édition poussées, et des capacités d’animation. C’est sur ce « pot commun » que viennent ensuite se greffer des spécialisations éventuelles. Ce qui ne change pas en revanche, et qu’il ne faut surtout pas négliger, c’est que le journalisme exige avant tout une culture générale très large et approfondie, sans laquelle la formation technique ne mènera jamais au journalisme.

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