« Ecrire pour Google » : une chance pour la publicité, un risque pour le journalisme

La suite de la présentation et l’essentielle de la discussion qui a suivi, a tourné autour du rôle prépondérant de Google. Acteur majeur du marché, il inquiète les éditeurs et les agences de pub tant sa puissance chamboule la chaîne traditionnelle qui peine déjà à s’adapter à l’Internet. Les régies craignent de devoir s’effacer devant l’acteur commercial prédominant (Google) et les médias hésitent à confier leurs ressources à un acteur unique dont les pratiques sont mal comprises. Google pourrait d’ailleurs être auditionné, dans une forme qui reste encore à définir, a expliqué Bruno Patino.

Dans ce contexte, les publicitaires s’inquiètent de l’absence de concurrence face à Google. Ils pensent néanmoins que la situation évoluera, par exemple via un rapprochement Yahoo/Microsoft.

Pour Guillaume Multrier, PDG de Isobar, la profusion d’offre d’information sur Internet n’est pas en faveur des médias traditionnels qui ne parviennent pas à « faire la différence » par rapport à ses concurrents « pure players ». Là encore, le rôle primordial de Google est apparu.

Multrier a fait la comparaison entre la difficulté pour un titre d’apparaître sur les moteurs de recherche et le fait d’être visible en kiosque pour un journal ou un magazine papier au vu de la profusion de titre dans les rayons.

Par exemple, lors d’une recherche Google du terme « crise financière », la première occurrence proposée était le blog Contreinfo.info, qui devançait Les Echos, Le Monde et 20minutes. Décisif lorsqu’on sait que 70% des clics se font sur la partie rédactionnelle (la colonne principale), et que 60% de ces clics vont se porter sur le premier lien d’un résultat de recherche. Quant à la partie droite de la page (liens commerciaux), elle attire 30% des clics.

La preuve selon lui que la plupart des grands sites sont mal référencés (90% d’entre eux selon Aegis). Lors des recherches, les grandes marques médias apparaissent dix fois moins en première occurrence que des pure players du web.

Pour s’imposer, Marie-Laure Sauty de Chalon  recommande aux éditeurs de se poser la question suivante: « quel est le contenu que Google voit sur le web ? » Ou même : « quel contenu est-ce que je veux que Google voit ? »

Cette logique impacte notamment l’écriture et les contenus. Pour être mieux ou bien référencé, il convient de s’adapter aux règles de Google. Là où un journaliste est censé éviter les répétitions, le moteur de recherche les encourage. Pour mieux se référencer, certains achètent même des mots-clefs mal orthographiés, car les internautes écrivent en faisant des fautes.

Les deux publicitaires notent un autre paradoxe : la qualité du contenu importerait peu sur Internet. Parfois, un contact dans un contexte « pauvre » (Yahoo, Boursorama) se transforme plus facilement en un clic que dans un contexte riche (LeMonde.fr)…

D’où trois recommandations pour renforcer le « rendement » du contenu produit:

–          « Confier la direction de la rédaction à Google »

–          « Utiliser des contenus et des procédures communautaires »

–          « Optimiser  le référencement.»

Des propositions qui ont fait réagir certains membres de la commission. Pour François Mariet, professeur à l’Université Paris Dauphine : « déformer la langue française pour répondre aux exigences d’un algorithme de langue anglaise [Google, ndr] c’est tout de même un peu gênant ».

2 réponses à “« Ecrire pour Google » : une chance pour la publicité, un risque pour le journalisme

  1. Bon, la bonne nouvelle, c’est que Google est une technologie qui évolue tous les jours. Il y a deux ou trois ans, pour être bien référencé, il eut été de mise de répéter à satiété des mots clés (yeah, ca rime). Aujourd’hui – la technique ayant été largement utilisé par les spammeurs – c’est bien moins vrai. Google sait reconnaitre les synonymes, les pluriels, l’écriture, quoi. Pour ce qui est de la rédaction d’un titre, là, c’est clair, on s’adresse aussi bien aux humain qu’à Google. Pour mémoire, les journalistes devrait aussi s’attarder sur le de la page, qui n’est pas nécessairement la même chose que le titre , sans parler des et de la .

    Bref, de sérieux cours de SEO s’imposent dans le cursus de tout journaliste, suivits d’un update très régulier, tant c’est un domaine qui évolue vite.

  2. Pingback: Vive la gougueulitude ! « La Plume d’Aliocha

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