Que sommes-nous ? Quel est notre statut ? Qu’est-ce qu’un site de presse ? A l’heure d’Internet, ces questions ont plongé les éditeurs dans un embarras existentiel et se sont gardés de donner des réponses définitives. Pour Pierre Conte, président de Publiprint (Le Figaro), « la presse est aujourd’hui synonyme de presse écrite. Y-a-t-il une différence entre presse et information ?» Il prend un exemple : «le site de BFM, (ndlr : BFM radio donne une grande part à l’écrit sur sonsite internet), qu’est-ce que c’est ?»
Définir la question du statut d’éditeur de contenu est d’autant plus primordial que parfois, c’est le lecteur qui fournit le site en contenu: «Sommes-nous hébergeur ou éditeur ? A qui appartient le contenu généré par les utilisateurs?», s’interroge Philippe Jeannet. Là encore les questions pleuvent : qui en est responsable devant la loi, qui peut commercialiser les productions des internautes déposés sur ces sites, etc ?
Jean-François Fogel, consultant et auteur, un des créateurs de «lepost.fr», explique que le site a choisi le statut de creative commons pour les articles qu’il héberge. «Cette notion n’existe pas dans le droit français, glisse Mathieu Cosson. Le risque est donc que ce soit les juges qui définissent les statuts. Les entreprises de
presse doivent agir avant. »